Valorisation des déchets
La valorisation des déchets, c’est quoi ?
En France, nous produisons chaque année 868 millions de tonnes de déchets. Par habitant, c’est près de 14 tonnes par an ! Pour les entreprises, pour les collectivités, pour les particuliers, c’est un casse-tête : comment éviter de laisser aux générations futures une planète aux allures de décharge géante ? Comment éliminer les déchets sans contaminer l’air, les sols, ou les nappes phréatiques, et sans que cela coûte trop cher ? Quelle organisation, quels modes de vie trouver pour vivre mieux en produisant moins de déchets ?
La question des déchets est un casse-tête, mais pas une fatalité. Depuis des années déjà, des chercheurs, des politiques, des entrepreneurs se sont posé la question de leur trouver une autre utilité, et ils sont à l’origine de nombreuses initiatives. Si tout le monde maintenant connaît le recyclage, ce n’est qu’un aspect du processus qui consiste à utiliser un déchet comme une ressource.
Ce processus, beaucoup plus large, c’est la valorisation. Le déchet trouve une seconde vie, il redevient une matière avec une valeur marchande, et il devient une source d’innovation pour qui sait lui trouver un nouvel emploi. Il existe deux grands types de valorisation : la valorisation énergétique, et la valorisation matière.
- Dans la valorisation énergétique, soit on brûle des déchets pour produire, grâce aux gaz de l’incinération, de l’énergie (thermique ou électrique), soit on récupère le biogaz généré par la décomposition des déchets stockés (principalement du méthane).
- La valorisation matière regroupe le recyclage, le réemploi, le compostage, et la régénération. Le recyclage réintroduit le déchet dans un cycle de production, souvent avec une moindre qualité que le produit d’origine (pour le papier, par exemple). Le réemploi utilise le déchet, après lavage, pour un usage analogue à son usage antérieur (les bouteilles de verre sous consigne, lavées et réutilisées). La régénération traite chimiquement le déchet pour pouvoir le réutiliser avec les mêmes caractéristiques qu’une matière neuve (par exemple, les huiles usagées).
La Réserve des arts : il n’y pas de déchet juste une ressource en puissance.
Comment La Réserve des arts se situe-t-elle dans ce processus de gestion des déchets ? La Réserve des arts ne gère pas des déchets car elle se place en amont pour en prévenir la production. La Réserve des arts considère que le ré-emploi c’est limiter la production des déchets mais également reconsidérer nos modes de production et donc de consommation. Les déchets qu’elle collecte sont une ressource matérielle en puissance ; elle met des matériaux à la disposition de professionnels de la création qui leur trouvent un nouvel emploi dans leurs créations ou dans leurs projets éducatifs. En les nettoyant, en les reconditionnant, en les rendant accessibles sous dix grandes familles faciles à appréhender pour des professionnels de toutes les disciplines de la création, La Réserve donne une seconde vie aux déchets, elle les valorise en matières premières secondaires (c’est-à-dire, de récupération) pour les artistes, étudiants du secteur de la création, intermittents du spectacle, autoentrepreneurs et associations culturelles. Par rapport aux autres acteurs de la gestion des déchets, La Réserve des arts se positionne de manière innovante, comme une ressourcerie spécialisée, destinée en priorité aux professionnels de la création.
Plus que du recyclage, de l’upcyclage.
Dans le recyclage industriel, le déchet perd de sa valeur : le recyclage des plastiques et des métaux produisent des matériaux hybrides de moindre qualité que les composants originaux. Des matériaux dangereux (peintures avec solvants, certains plastiques fondus,…) ne sont pas séparés des matériaux qui sont fondus pour être recyclés. Wiliam McDonough et Michael Braungart parlent de downcycling (sous-cyclage) pour le recyclage conventionnel. Au downcycling, ils opposent l’upcycling. Dans l’upcyclage, le déchet retrouve la même valeur, voire prend une valeur supérieure.
A La Réserve des arts, ce qui entre comme déchet en sort pour intégrer une oeuvre artistique ou un projet d’éducation qui fait intervenir la création, il est upcyclé. William McDonough et Michael Braungart sont les inventeurs du Cradle to Cradle, qui fait partie des idées très innovantes (et enthousiasmantes) récemment développées dans le domaine du développement durable et de la gestion des déchets. Pour en savoir plus, cliquez ici.